M. le Maire, Chers collègues,
Le diaporama de présentation l’a évoqué : ce budget est novateur en ce sens qu’il casse la courbe d’évolution à laquelle nous étions jusqu’alors habitués. Le groupe des élu-e-s Vert-e-s salue ici les efforts qui ont été faits, tant au niveau des élus en charge d’une délégation, qu’au niveau des services qui ont dû gérer la contraction des budgets qui leur étaient alloués.

Nous pointons aussi avec satisfaction que des études sont lancées pour évaluer la pertinence de nos choix : que ce soit pour les CSC, les diverses grosses subventions, ou l’efficacité de bâtiments récents. Ces évaluations destinées à vérifier les critères sur lesquels nous fondons nos politiques sont plus que jamais nécessaires, dans un contexte qui n’est pas pour les écologistes conjoncturel, mais bien structurel. Nous souhaitons que cette démarche d’évaluation se poursuive, car elle participe pleinement au rendu des comptes que nous devons à nos concitoyens contribuables.

Nous pressentons malgré tout que nos efforts conjugués devront être réitérés l’année prochaine, et que la vigilance devra être permanente dans la réalisation effective du budget. D’année en année nous nous répétons, mais pour autant nous pensons toujours notre discours d’actualité : nous devons tenir compte de la conjonction des crises qui marque selon nous la fin d’une conception basée sur le développement et l’expansion. Sans en prendre l’exact contraire et vanter une décroissance radicale et aveugle, il nous faudra bien repenser la façon dont nous gérons nos affaires, et sans cesse nous interroger sur les priorités, sur notre organisation, en nous gardant d’une pensée simpliste qui consisterait à n’assurer que des services considérés par certains comme « basiques ». Pour cette année, où la population en fin de droits va augmenter, nous avons l’impérieuse nécessité humaine d’aider celles et ceux avec qui nous partageons le territoire communal. Cela peut justifier l’augmentation de la fiscalité locale qui est présentée.

Cependant, il est bien évident que l’augmentation de la fiscalité ne peut pas être reconduite indéfiniment : nous n’avons pas vocation à compenser systématiquement les choix inégalitaires de la droite gouvernementale. Car si nous devons nous adapter aux effets des crises, parallèlement nous sommes très en colère contre la politique gouvernementale. Le budget de la commune est très contraint par les choix nationaux qui sont aux antipodes des besoins de solidarité. Le fossé des inégalités se creuse, le déficit du pays est abyssal, et l’augmentation de la dette qui pèse sur les générations futures est totalement irresponsable.

Les écologistes sont d’ailleurs doublement en colère : leur crédo de « dépenser beaucoup aujourd’hui, pour économiser demain » est inapplicable sans alourdir encore la contribution des ménages rezéens au pouvoir fiscal faible. Or c’est bien cette approche financière qui peut relever les défis des orientations à prendre aujourd’hui.

Cependant, notre commune est dans le bloc des très bons élèves en ce qui concerne sa capacité à rembourser sa dette. Cette année est sans doute opportune pour vérifier si des emprunts supplémentaires ne nous permettraient pas d’opérer d’autres investissements que ceux prévus, « rentables » en termes d’économies réalisées, et nous pensons d’abord aux économies d’énergie. Au-delà de l’intérêt environnemental, ces économies permettraient déjà dans un premier temps d’atténuer les frais financiers de ces emprunts supplémentaires.

M. le Maire, chers collègues, nous vous demandons de bien vouloir y réfléchir avant le prochain budget.

Je vous remercie de votre attention.