Budget Primitif
Par Elus Verts de Rezé le lundi 1 février 2010, 15:33 - Conseils municipaux: interventions des élus Verts - Lien permanent
Conseil Municipal de Rezé – 29 janvier 2010
M. le Maire, Chers collègues,
Le diaporama de présentation l’a évoqué : ce budget est novateur en ce
sens qu’il casse la courbe d’évolution à laquelle nous étions jusqu’alors
habitués. Le groupe des élu-e-s Vert-e-s salue ici les efforts qui ont été
faits, tant au niveau des élus en charge d’une délégation, qu’au niveau des
services qui ont dû gérer la contraction des budgets qui leur étaient
alloués.
Nous pointons aussi avec satisfaction que des études sont lancées pour
évaluer la pertinence de nos choix : que ce soit pour les CSC, les
diverses grosses subventions, ou l’efficacité de bâtiments récents. Ces
évaluations destinées à vérifier les critères sur lesquels nous fondons nos
politiques sont plus que jamais nécessaires, dans un contexte qui n’est pas
pour les écologistes conjoncturel, mais bien structurel. Nous souhaitons que
cette démarche d’évaluation se poursuive, car elle participe pleinement au
rendu des comptes que nous devons à nos concitoyens contribuables.
Nous pressentons malgré tout que nos efforts conjugués devront être réitérés
l’année prochaine, et que la vigilance devra être permanente dans la
réalisation effective du budget. D’année en année nous nous répétons, mais pour
autant nous pensons toujours notre discours d’actualité : nous devons
tenir compte de la conjonction des crises qui marque selon nous la fin d’une
conception basée sur le développement et l’expansion. Sans en prendre l’exact
contraire et vanter une décroissance radicale et aveugle, il nous faudra bien
repenser la façon dont nous gérons nos affaires, et sans cesse nous interroger
sur les priorités, sur notre organisation, en nous gardant d’une pensée
simpliste qui consisterait à n’assurer que des services considérés par certains
comme « basiques ». Pour cette année, où la population en fin de droits va
augmenter, nous avons l’impérieuse nécessité humaine d’aider celles et ceux
avec qui nous partageons le territoire communal. Cela peut justifier
l’augmentation de la fiscalité locale qui est présentée.
Cependant, il est bien évident que l’augmentation de la fiscalité ne peut
pas être reconduite indéfiniment : nous n’avons pas vocation à compenser
systématiquement les choix inégalitaires de la droite gouvernementale. Car si
nous devons nous adapter aux effets des crises, parallèlement nous sommes très
en colère contre la politique gouvernementale. Le budget de la commune est très
contraint par les choix nationaux qui sont aux antipodes des besoins de
solidarité. Le fossé des inégalités se creuse, le déficit du pays est abyssal,
et l’augmentation de la dette qui pèse sur les générations futures est
totalement irresponsable.
Les écologistes sont d’ailleurs doublement en colère : leur crédo de
« dépenser beaucoup aujourd’hui, pour économiser demain » est
inapplicable sans alourdir encore la contribution des ménages rezéens au
pouvoir fiscal faible. Or c’est bien cette approche financière qui peut relever
les défis des orientations à prendre aujourd’hui.
Cependant, notre commune est dans le bloc des très bons élèves en ce qui
concerne sa capacité à rembourser sa dette. Cette année est sans doute
opportune pour vérifier si des emprunts supplémentaires ne nous permettraient
pas d’opérer d’autres investissements que ceux prévus, « rentables »
en termes d’économies réalisées, et nous pensons d’abord aux économies
d’énergie. Au-delà de l’intérêt environnemental, ces économies permettraient
déjà dans un premier temps d’atténuer les frais financiers de ces emprunts
supplémentaires.
M. le Maire, chers collègues, nous vous demandons de bien vouloir y
réfléchir avant le prochain budget.
Je vous remercie de votre attention.