Monsieur le Maire, chers collègues,

La ville de Rezé au même titre que les communes de + de 5000 habitants doit ce jour se prononcer sur le schéma départemental d’accueil des gens du voyage de Loire atlantique 2010-2016. dont les volets principaux sont:

  • Les aires d’accueil
  • Les grands passages
  • Les besoins en habitat
  • L’insertion sociale et professionnelle
  • L’insertion professionnelle et l’accès aux droits.

La ville de Rezé s’inscrit depuis fort longtemps dans l’histoire comme Terre d’accueil, de passage ou d’encrage pour les gens du voyage. Elle met en œuvre des actions volontaristes tant sur l’habitat, que sur le volet éducatif ou social.

Les élus verts souhaitent insister sur la question de la mixité sociale, assez peu présente dans le schéma :

  • Via la scolarisation : cette mixité répartie sur le territoire se retrouvera dans la scolarisation qui est un élément fort de sociabilité, de partage, de mélange de culture, d’apprentissage collectif à plusieurs niveaux.
  • via l’habitat : s’il est noté que le schéma précédent a permis de notables avancées dans la réalisation des aires d’accueil, il convient d’affirmer et de mettre en œuvre une juste répartition des aires d’accueil sur le territoire.

Quand considérerons nous les caravanes comme un habitat au même titre qu’un autre ? ceci afin de l’intégrer dès la conception d’une opération d’urbanisme comme un élément constituant du projet (habitat privé/habitat social, caravanes, commerces, espaces ludiques etc…). Nous avions déjà souligné ce point dans notre intervention sur la charte de la ZAC de la Jaguère. Il faut aussi rechercher dans ces opérations à diversifier l’offre afin d’attirer des classes sociales variées en vue de favoriser la mixité. Les gens du voyage qu’ils soient sédentaires ou itinérants préfèrent des aires de taille modeste ; pourquoi ne pas imaginer deux ou trois îlots de moins de 5 caravanes inscrits au sein d’une ZAC de plusieurs hectares ? Dans ce sens il nous semble important de veiller à instaurer une concertation très en amont avec les Rezéens pour les zones de sédentarisation afin que la définition du périmètre d’une aire ne soit pas imposée mais acceptée. L’acceptation des gens du voyage serait renforcée si l’occupation des biens immobiliers environnants est choisi plutôt qu’imposée à des riverains et si les gens du voyage eux même étaient associés en amont à cette concertation.
A ce titre nous pensons qu’une espace de démocratie locale tel que le CESC pourrait être saisi de cette problématique au travers d’un questionnement et que nous devons porter une attention particulière à la participation des gens du voyage aux instances de démocratie locale.

Pour les verts le Schéma départemental d’accueil des gens du voyage 2010-2016 doit amener à repenser à l’échelle du département les politiques d’accueil, de dialogue, d’aménagement.

La question de l’insertion sociale et professionnelle est aussi un enjeu particulièrement crucial en raison des problèmes :

  • d’illettrisme qui constituent un frein à l’insertion professionnelle des gens du voyage (le taux de personnes en difficultés face aux savoirs de bas est proche de 80%).
  • pour accéder à un emploi qui supposent l’accès à des dispositifs de droits commun et la mise en place de relais de médiation et de réseaux .

Nous pensons que des solutions ne peuvent se mettre en place que par les efforts conjugués des acteurs institutionnels, économiques, sociaux et associatifs à l’échelle de Rezé comme sur le département. A l’échelle d’une ville, il convient d’être attentif dans la prise en compte des gens du voyage dans les recrutements et dans les clauses d’insertion des marchés publics.

Enfin, nous appelons à rester vigilant pour ne pas oublier d’autres populations en état de précarité mais moins visibles. Il convient que les collectivités s’accordent pour une équité concernant les attributions d’aides, de logements, de services… pour les gens du voyage de même que pour l’ensemble des citoyens dans le besoin.

Je vous remercie de votre attention