Plan de déplacements urbains 2010-2015
Par Elus Verts de Rezé le lundi 7 février 2011, 10:11 - Conseils municipaux: interventions des élus Verts - Lien permanent
Conseil Municipal de Rezé – 4 février 2011
Intervention du Groupe des éluEs Verts
M. le Maire, Chers collègues,
Pour notre groupe, les principaux enjeux auxquels nous aurons à répondre dans
les années à venir ont été clairement identifiés dans le PDU : la lutte
contre l'étalement urbain, la lutte contre l'effet de serre, le lien
indispensable entre la politique des déplacements et les politiques de
l'habitat et de l'urbanisme, sans oublier les zones d’activités. Sur ce dernier
point, le lien croisé entre zone d’activité, habitat et déplacement aurait pu
être encore plus approfondi.
Les réponses aux enjeux de demain sont connues : ville des courtes
distances, priorité donnée aux déplacements dits doux, vélos et piétons,
réalisation de zones apaisées, soin apporté à la réalisation d’espaces publics
de qualité, indispensable maîtrise du stationnement, et offres
d'expérimentation. Les écologistes travaillent sur ces questions depuis
longtemps, et nous apprécions que nombre de solutions préconisées par eux sont
reprises aujourd’hui dans ce Plan de Déplacement Urbain.
Nous avons tout de même quelques regrets, et quelques craintes.
Concernant le développement du réseau des transports en commun, nous ne
pouvons que déplorer que ce mandat (2008-2014) ne verra pas de réalisation ou
de prolongement de ligne de tramway.
A la lecture du projet de PDU, nous constatons que la période 2010-2015
verra surtout la réalisation d'études, de schémas directeurs, de chartes, et
renverra à plus tard les réalisations concrètes : extension du réseau tramway
ou de busway..., Il ne faudrait pas attendre pour commencer à mettre en œuvre
les orientations définies. Il ne peut pas, il ne doit pas y avoir de pause dans
le développement de notre réseau de transports en commun.
C’est une politique essentielle de notre communauté urbaine nous permettant
d’affronter la réalité du changement climatique. Elle n’a pas encore répondu à
tous les besoins en déplacements de nos concitoyens, dans une agglomération
dont la population augmente régulièrement.
Les élus Verts, approuvent ce Plan de Déplacement Urbain. Cependant, il fait
référence à de nombreuses reprises au projet de Notre Dame des Landes et de ses
dessertes. Notre approbation globale du PDU ne veut pas dire approbation de
tout ce qui concerne Notre Dame des Landes, projet dangereux pour l’emploi au
sud Loire et contradictoire avec les objectifs de réduction de l’étalement
urbain ! Les fonds réservés au projet d’aéroport à Notre Dame des Landes
auraient été plus efficaces pour un démarrage concret et rapide des projets du
PDU.
Au-delà de des considérations d’aménagement, nous souhaitons pointer le
chemin qu’il nous reste à parcourir dans nos propres têtes, qui tient plus
d’une certaine révolution culturelle, la plus complexe à mener, et qui ne coûte
pourtant quasiment rien d’un point de vue financier. Nous prendrons deux
exemples concrets illustrant notre propos : la place prévue pour les
circulations douces, et l’intermodalité en milieu urbain :
- Notre agglomération comprend des kilomètres de voies cyclables, la majeure
partie étant de simples bandes tracées. Elles sont quasiment toutes
interrompues régulièrement, au profit de la voiture. Cette conception hachée
des aménagements est révélatrice d’une culture encore passéiste : on veut
bien faire une place au vélo, mais s’il reste en second plan, cantonné dans un
rôle marginal. La part modale des vélos est ridicule dans notre agglomération,
et les prochains objectifs ne sont pas suffisamment ambitieux, comparés à
d’autres grandes villes françaises ou européennes (Grenoble, Strasbourg,
Allemagne, Pays-Bas…). Par une simple continuité des aménagements qui lui sont
dédiés, en le faisant passer réellement au premier plan dans le partage des
voiries, on favorisera la bascule nécessaire qui cantonnera l’usage de la
voiture au strict nécessaire.
- Aujourd’hui, l’accès au tram avec un vélo est encore interdit pendant la
quasi totalité des plages horaires. Ouvrir en grand la possibilité de monter
dans une rame avec un vélo, comme cela se pratique dans d’autres pays
européens, permettra à nombre de personnes qui habitent ou travaillent à
quelques kilomètres du tram de l’utiliser beaucoup plus.
Parallèlement aux aménagements et à l’organisation des cadences de transport
en commun, nous devons vraiment accélérer tout ce qui peut conduire à une
vélorution des comportements, par une imagination incessante de nos
déplacements sans entendre les sempiternels : « Je crois que ça ne va
pas être possible ! »
Je vous remercie.