M. le Maire, Chers collègues,

Pour notre groupe, les principaux enjeux auxquels nous aurons à répondre dans les années à venir ont été clairement identifiés dans le PDU : la lutte contre l'étalement urbain, la lutte contre l'effet de serre, le lien indispensable entre la politique des déplacements et les politiques de l'habitat et de l'urbanisme, sans oublier les zones d’activités. Sur ce dernier point, le lien croisé entre zone d’activité, habitat et déplacement aurait pu être encore plus approfondi.
Les réponses aux enjeux de demain sont connues : ville des courtes distances, priorité donnée aux déplacements dits doux, vélos et piétons, réalisation de zones apaisées, soin apporté à la réalisation d’espaces publics de qualité, indispensable maîtrise du stationnement, et offres d'expérimentation. Les écologistes travaillent sur ces questions depuis longtemps, et nous apprécions que nombre de solutions préconisées par eux sont reprises aujourd’hui dans ce Plan de Déplacement Urbain.

Nous avons tout de même quelques regrets, et quelques craintes.

Concernant le développement du réseau des transports en commun, nous ne pouvons que déplorer que ce mandat (2008-2014) ne verra pas de réalisation ou de prolongement de ligne de tramway. 

A la lecture du projet de PDU, nous constatons que la période 2010-2015 verra surtout la réalisation d'études, de schémas directeurs, de chartes, et renverra à plus tard les réalisations concrètes : extension du réseau tramway ou de busway..., Il ne faudrait pas attendre pour commencer à mettre en œuvre les orientations définies. Il ne peut pas, il ne doit pas y avoir de pause dans le développement de notre réseau de transports en commun.
C’est une politique essentielle de notre communauté urbaine nous permettant d’affronter la réalité du changement climatique. Elle n’a pas encore répondu à tous les besoins en déplacements de nos concitoyens, dans une agglomération dont la population augmente régulièrement.
Les élus Verts, approuvent ce Plan de Déplacement Urbain. Cependant, il fait référence à de nombreuses reprises au projet de Notre Dame des Landes et de ses dessertes. Notre approbation globale du PDU ne veut pas dire approbation de tout ce qui concerne Notre Dame des Landes, projet dangereux pour l’emploi au sud Loire et contradictoire avec les objectifs de réduction de l’étalement urbain ! Les fonds réservés au projet d’aéroport à Notre Dame des Landes auraient été plus efficaces pour un démarrage concret et rapide des projets du PDU.

Au-delà de des considérations d’aménagement, nous souhaitons pointer le chemin qu’il nous reste à parcourir dans nos propres têtes, qui tient plus d’une certaine révolution culturelle, la plus complexe à mener, et qui ne coûte pourtant quasiment rien d’un point de vue financier. Nous prendrons deux exemples concrets illustrant notre propos : la place prévue pour les circulations douces, et l’intermodalité en milieu urbain :

  • Notre agglomération comprend des kilomètres de voies cyclables, la majeure partie étant de simples bandes tracées. Elles sont quasiment toutes interrompues régulièrement, au profit de la voiture. Cette conception hachée des aménagements est révélatrice d’une culture encore passéiste : on veut bien faire une place au vélo, mais s’il reste en second plan, cantonné dans un rôle marginal. La part modale des vélos est ridicule dans notre agglomération, et les prochains objectifs ne sont pas suffisamment ambitieux, comparés à d’autres grandes villes françaises ou européennes (Grenoble, Strasbourg, Allemagne, Pays-Bas…). Par une simple continuité des aménagements qui lui sont dédiés, en le faisant passer réellement au premier plan dans le partage des voiries, on favorisera la bascule nécessaire qui cantonnera l’usage de la voiture au strict nécessaire.
  • Aujourd’hui, l’accès au tram avec un vélo est encore interdit pendant la quasi totalité des plages horaires. Ouvrir en grand la possibilité de monter dans une rame avec un vélo, comme cela se pratique dans d’autres pays européens, permettra à nombre de personnes qui habitent ou travaillent à quelques kilomètres du tram de l’utiliser beaucoup plus.

Parallèlement aux aménagements et à l’organisation des cadences de transport en commun, nous devons vraiment accélérer tout ce qui peut conduire à une vélorution des comportements, par une imagination incessante de nos déplacements sans entendre les sempiternels : « Je crois que ça ne va pas être possible ! »
Je vous remercie.