Les efforts sont colossaux au regard de l’absence de progression réelle de la production d’énergie renouvelables : un rapport du Ministère de l’écologie publié en juillet 2011 montre que la part d’énergies renouvelables dans la production d’électricité n’était que de 14,6 % en 2010. Or, en 1997, l’année servant de référence, cette part était déjà de 15% !!! (2) (Journal de l’Environnement)

La mondialisation libérale, les tensions internationales, la raréfaction de certains produits (dont le cuivre), la libéralisation européenne des marchés de l’énergie (loi NOME), et maintenant l’incidence de prévisions des risques revues à la hausse, font flamber les prix de l’énergie en général, de l’électricité en particulier. Cette tendance n’a aucune chance de s’inverser. Les prix en France ont été maintenus à un niveau anormalement bas et ne reflètent pas le réel coût de revient de l’électricité, en particulier, le prix de la gestion des déchets. L’ouverture à la concurrence, l’obligation de revoir à la hausse les prévisions de risque, vont bousculer cette spécificité française. EDF demande déjà une augmentation de 30 % sur l’ensemble des quatre prochaines années. (3) (Le Point)

L’électricité majoritairement produite en France dans les centrales nucléaires laisse derrière nous des déchets que personne ne sait encore rendre inoffensifs. La plus ancienne centrale, celle de Brennilis en Bretagne, n’est toujours pas démantelée, car personne aujourd’hui ne sait le faire sans exposer des salariés et l’environnement à une contamination inacceptable. Les provisions annoncées par EDF sont largement insuffisantes au regard des coûts des travaux déjà exécutés (France 3 avait diffusé un documentaire qu’il doit être aisé de retrouver)

(1) http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/ONERC-PNACC-complet.pdf

(2) http://www.journaldelenvironnement.net/article/le-boom-des-enr-ne-serait-il-qu-un-leurre,24412

(3) http://www.lepoint.fr/economie/quelle-hausse-pour-les-tarifs-d-electricite-23-03-2011-1310264_28.php

Quelques fondamentaux concernant l’énergie électrique et l’uranium

L’électricité est une énergie peu stockable. Le plus pertinent est de la consommer dès qu’elle est produite. Les solutions de stockage sont pour l’instant limitées (en volume, et en puissance). L’électricité peut être transportée, mais elle perd obligatoirement de son potentiel énergétique entre son point de départ et son point d’arrivée. Elle perd aussi de son potentiel énergétique à chaque fois qu’elle subit une transformation : soit dans les transformateurs qui visent à diminuer sa puissance pour mieux l’adapter à l’usage, soit dans les appareils d’usage eux-mêmes en bout de ligne (électricité en son, en mouvement, en lumière, en chaleur). Il résulte de ces considérations que nous avons intérêt à produire l’électricité au plus près des lieux de consommations. Cette vision des écologistes est à l’opposé de celle du pouvoir central qui au contraire installe quelques centrales produisant massivement et irrigant des territoires éloignés. La centrale de Chinon alimente aussi…Brest ! Du coup, les gaspillages de l’électricité dans les lignes qui la transportent sont énormes ! Une autre conséquence est que nous avons intérêt à proscrire l’utilisation de l’électricité pour produire de la chaleur. C’est dans cet usage que les pertes sont les plus importantes.

L’uranium, combustible utilisé dans les centrales nucléaires, est majoritairement importé (Niger…). C’est un minerai, ce n’est pas une source renouvelable. D’une part, il est tout à fait malhonnête de présenter l’énergie nucléaire comme étant une source renouvelable, d’autre part, l’extraction de l’uranium dans des pays dépendants de l’occident se fait dans des conditions sanitaires déplorables pour les ouvriers locaux. Nous pesons nos mots : cette activité mène les « petites mains locales » à la mort.

Enfin, rappelons que les défenseurs de l’énergie nucléaire la présentent comme une énergie qui ne dégage pas de C0². Là encore, cette présentation est profondément malhonnête. Elle ne comptabilise pas les activités d’extraction, le transport jusqu’à notre pays, les activités d’enrichissement… Si l’on veut vraiment comparer les différentes énergies entre elles, il faut prendre en compte aussi la fabrication des machines. On comprend tout de suite que le CO² dégagé pour la fabrication et l’installation d’une éolienne ou un panneau photovoltaïque, au regard de leur durée de vie, les rend largement plus défendables.

Contexte local

Les consommations globales de la Ville de Rezé, pour la part d’électricité, sont en constante hausse, même légère, dont les raisons principales sont : - le patrimoine de la Ville augmente, et les acquisitions de bâtiments existants sont souvent énergivores, - nos exigences pour maîtriser les dépenses de chauffage imposent des automatismes, et un traitement de l’air intérieur qui induisent plus de consommation électrique, - la Ville est soumise à certaines contraintes, en perpétuelle évolution : ce peut être des règles du Code du travail (luminosité des postes de travail par exemple), des normes concernant la santé (température de l’eau pour prévenir les légionelles), des normes de construction (ventilation obligatoire pour certains locaux, accessibilité par ascenseur dans d’autres…), - enfin, elle répond à des exigences qui conditionnent la vie de la cité : les fédérations sportives imposent un niveau d’éclairement important pour les catégories supérieures (le niveau professionnel en particulier)…

Ces hausses de consommation seraient encore plus importantes si la Ville n’investissait pas de façon continue dans l’amélioration de son patrimoine, y compris dans les systèmes d’éclairage, de ventilation etc…

Evidemment, les dépenses qui en découlent sont en constante augmentation, la hausse des tarifs alourdissant celle des consommations ( + 4 % rien qu’en 2010).

Les consommations de la Ville ne sont pas uniformes, elles dépendent des types de bâtiments et des usages : certains bâtiments réclament une grosse puissance (cuisine centrale), d’autres beaucoup moins (CLSH).

Quelle stratégie municipale engager ?

Les objectifs du Grenelle pour 2020 s’appuient sur le concept de « 3 x 20 » : - 20 % de diminution des consommations, - 20 % de diminution des émissions de gaz à effet de serre, - 20 % de part d’approvisionnement d’énergie en énergies renouvelables.

On peut envisager une application non stricte de ces objectifs à la Ville, car certaines consommations engagées par la Ville peuvent se traduire par une réduction des consommations à l’échelle du territoire rezéen : par exemple, la restauration scolaire est un poste important de consommation, mais son fonctionnement permet d’éviter les gaspillages énergétiques liés aux allers-retours des parents (travail-école-domicile). Ainsi, des consommations supplémentaires pour la Ville peuvent générer des économies au regard du bilan pour le territoire (même si leur calcul reste difficile à effectuer faute d’outils de mesure adaptés) : dans ce cas, la Ville œuvre pour le bien collectif, en supportant une consommation pour faire économiser les habitants.

Cependant, au-delà de cette appréciation, la responsabilité sociétale de notre collectivité implique de diminuer notre participation à l’accumulation des matières dangereuses que sont les déchets radioactifs, diminuer aussi notre participation à la raréfaction des ressources et au dérèglement climatique. En outre, les enjeux de réduction de notre dépendance financière seront à l’avenir encore plus importants qu’ils ne le paraissent aujourd’hui.

Au sein du groupe des élus Vert, nous souhaiterions que la réflexion soit mieux alimentée, c’est pour cela que nous lançons une série de questions, sur lesquelles nous vous invitons à réagir :

- La conception, les améliorations des bâtiments et des différents systèmes techniques (chauffage, éclairage, ventilation) ont des limites en termes d’économies. Des gains majeurs se situent aussi au niveau du comportement des usagers. Comment procède-t-on pour mobiliser l’ensemble des usagers sur cette question ? Commence-t-on à réfléchir à une forme « de responsabilisationb » à la maîtrise de l’énergie dans les milieux sportifs, culturels, associatifs ?

- Sachant que l’énergie la moins polluante, la moins chère aussi, est celle qu’on ne consomme pas, quels arbitrages la ville conduit-elle entre ses politiques sectorielles et la maîtrise de l’énergie ? Les fédérations sportives, en particulier au niveau professionnel, imposent des installations qui vont à l’encontre des diminutions de consommations (éclairage par exemple). Où sont les limites ? La commune peut-elle agir avec les fédérations d’élus pour que les fédérations soient moins exigeantes ?

- Quels objectifs nous fixons-nous en termes de réduction ? (on parle de 3 x 20 ou 3 x30, de facteur 4, de scénario Négawatt). Quelles échéances-guide nous fixons nous ?

- Quelle part d’électricité en provenance de sources renouvelables essayons-nous d’atteindre ? (on parle de 20 % à l’échelle nationale) - - A quelles techniques projetons-nous d’avoir recours ? Eau Chaude Solaire ? Photovoltaïque ? Petit éolien ?

- Dans ces perspectives, quel rôle souhaitons-nous jouer dans le développement de ces ressources ? Quel lien la commune peut-elle entretenir avec la recherche ? Avec les milieux industriels locaux ?

- Dans une perspective d’autonomie du territoire, la commune peut-elle s’engager vers une production ou une co-production locale ? Avec des acteurs économiques ? Avec des habitants ?

Les orientations que la Ville doit prendre dans le domaine des énergies seront irriguées par ces questions. La tâche est complexe, car elle doit intégrer des contraintes qui vont parfois à l’encontre des économies d’énergie. Mais dans cette période, force est de constater que l’action du gouvernement ne nous y aide pas : nombre de dispositions règlementaires vont à l’encontre des préconisations du Grenelle de l’Environnement et sa valse-hésitation perpétuelle en ce qui concerne l’énergie photovoltaïque n’aide pas les collectivités.

Pour autant, nous prenons nos responsabilités et ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour faire avancer les choses sur la bonne voie dans notre municipalité, sans attendre que l’Etat se décide enfin à nous en donner les moyens à la hauteur des enjeux.

Pour avoir une première approche de votre situation personnelle

Quand il est question de comportement, nous pouvons nous interroger sur nos propres pratiques et certains outils nous permettent d’y voir plus clair, d’être plus objectifs tout en pouvant nous comparer, dans une volonté d’amélioration continue. Quelle est la consommation d’énergie au sein de mon foyer ? Ma consommation augmente-elle, diminue-t-elle ? Nous vous proposons de télécharger un calculateur très simple (en pj) qui vous permettra d’estimer vos consommations, et ainsi de vous situer par rapport à tout ce que vous pouvez lire sur cette question. Comment votre habitation est classée dans l’échelle du Diagnostic de Performance Energétique ? Est-elle loin d’un logement BBC ? Est-elle conforme avec la réglementation RT 2012 ? Testez-vous, et envoyez nous vos résultats…. Nous pourrons éventuellement rendre compte des résultats, de la moyenne des réponses, évidemment en gardant votre anonymat. Attention, les résultats n’auront qu’une valeur indicative. En effet, les calculs officiels pour déterminer la performance énergétique d’un logement prennent uniquement en compte les consommations liées au chauffage, à la production d’eau chaude, à l’éclairage, et à la ventilation. Tout le reste (télévision, réfrigérateur, appareils de cuisson, ordinateurs, appareils de musique etc…) ne doit théoriquement pas être intégré au calcul. Par facilité, nous vous proposons de reprendre l’intégralité de vos consommations inscrites sur vos factures*. Si le résultat est bon ou acceptable, cela signifie qu’il serait encore meilleur en appliquant les calculs légaux.

  • Après tout, n’est-ce pas la bonne démarche à avoir pour se rendre compte de ce que notre vie quotidienne liée au logement consomme réellement ? Un article récent chiffrait à 17 Térawattheures la consommation annuelle des cafetières électriques en Europe. A quoi sert d’avoir un logement peu énergivore en chauffage électrique, si dans le même temps la cafetière reste allumée toute la journée ?

Pour compléter ce rapide calcul, vous pouvez aussi apprécier votre empreinte écologique ou empreinte carbone via différents sites, qui proposent des méthodes plus ou moins complètes, plus ou moins rapides. Les questionnaires comprennent souvent des questions liées à l’alimentation, aux transports, qui sont aussi sources de dépenses d’énergie.

- sur le site du WWF, un calcul simple de votre empreinte écologique qui vous permet de connaître combien d’hectares vous consommez par an : http://www.wwf.fr/s-informer/calculer-votre-empreinte-ecologique

- un outil un peu plus complet créé par la Cité des Sciences et de l’Industrie (les résultats sont également donnés en ha/an) http://www.energies-nouvelles.net/outil-calculer-son-impact-sur-environnement-empreinte-ecologique-2.html

- prenez un coach pour aller un peu plus loin et interrogez tous vos postes de consommation ! (résultat en tonnes de CO2): http://www.coachcarbone.org/

- sur ce même calcul en tonnes de CO2 consommées, vous pouvez vous rendre sur le site de l'ademe : http://www.ademe.fr/CLIMACT/