A l’instar du climat, le monde ultra libéral qui a mis son empreinte sur l’ensemble des nations est entré depuis plusieurs années déjà en surchauffe. Et comme pour le climat, il produit des effets répétés, inattendus, imprévisibles, mais dont les dommages ne cessent de s’allonger. C’est dans ce contexte que nous devons naviguer, nous gardant des écueils, anticipant les vents contraires, et saisissant les opportunités des alizés portants.

Vous souhaitez structurer nos orientations autour de ces 3 axes : compléter les équipements publics existants, entretenir et mettre aux normes notre patrimoine, investir pour conforter notre démarche de DD

Nous partageons évidemment cette approche globale. Nous souhaitons cependant attirer votre attention sur les rapports que nous aurons à définir entre ces 3 axes. Au regard de ce que nous avons évoqué précédemment, nous verrions d’un très bon œil que le développement des équipements soit examiné après les deux autres, et non l’inverse. En effet, que ce soit sur des questions de qualité d’accueil, que ce soit sur les questions énergétiques, nous avons d’intenses efforts à fournir. Sous le pilotage de Christian Brochard, nous avons défini un rythme pour mettre notre patrimoine en conformité, en particulier sur les questions d’accessibilité. Nous devons le tenir.Dans un autre domaine, nous venons d’apprendre que le gaz augmenterait de 4,4 %. A consommation égale à l’année dernière, c’est une facture alourdie d’environ 20 000 Euros pour 2012 pour la commune. Nous sommes par ailleurs certains que l’électricité suivra. La loi NOME, les tensions sur le domaine de l’énergie nucléaire provoqueront inévitablement des augmentations sur cette source d’énergie aussi. Bien sûr, la ville est déjà engagée de façon très volontaire dans la maîtrise de l’énergie. Mais il serait intéressant de faire plus. Il y a une semaine, à l’issue du grand débat sur Ma Ville 2030, vous nous avez dit M. le Maire votre déception que les habitants n’aient pas assez déliré dans les ateliers. Chiche, M. le Maire. Délirons ensemble, soyons audacieux, prenons des risques. Lors de la Commission préparatoire à ce Conseil Municipal, nous avons été rassurés sur les risques très relatifs liés aux petits emprunts structurés contractés par notre commune, et nous avons apprécié la capacité exceptionnelle de la Ville à annuler sa dette. Cela veut bien dire que nous avons de la marge de manœuvre. J’ai déjà évoqué ici le slogan budgétaire des écologistes : dépenser beaucoup aujourd’hui pour économiser plus tard.

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Et bien soyons fous ! Aux côtés des opérations d’isolation et de rationalisation de nos consommations, engageons un véritable plan pour rendre notre ville autonome énergétiquement. Installons des panneaux photovoltaïques, des éoliennes, que sais-je… Contribuons d’une part à la création d’emplois locaux, à la diminution des déchets nucléaires, et diminuons durablement nos dépenses énergétiques. Et si les banques ne nous prêtent plus, délirons encore, allons chercher d’autres moyens de financer nos projets. La Région a lancé deux emprunts obligataires. Il est fort probable que nous ne puissions faire exactement de même. Mais nous devons nous inspirer de cette voie.

Augmenter transitoirement notre encours de dettes pour gagner durablement de la marge sur le budget de fonctionnement, le jeu en vaut vraiment la bougie, euh, la chandelle. C’est d’autant plus intéressant que nous sommes exposés en premier sur le front de la pauvreté. Par votre expérience, vous le savez mieux que nous, le budget en explosion du CCAS en témoigne aussi : les populations défavorisées cherchent d’abord de l’aide auprès de la mairie. Pouvoir les soulager, pouvoir répondre au maximum à leurs besoins n’est pas discutable, c’est une approche partagée au sein de nos familles politiques de gauche.

Mais il est temps de rassurer notre collègue Mireille Pernot au sujet de l’auditorium qui lui est cher. Nous assumons bien sûr les décisions sur les grands projets déjà engagés, et il n’est pas aujourd’hui dans notre propos de les suspendre. Cependant, nous souhaitons attirer votre attention sur le danger qu’il y aurait à ne pas réduire la voilure dans la construction de nouveaux équipements. Chaque bâtiment supplémentaire crée inévitablement des dépenses de fonctionnement, que ce soit des fluides, du personnel, de l’entretien et tôt ou tard, des réparations.

Comme pour le climat à l’échelle de la planète, comme pour l’économie, prenons garde de ne pas créer à notre tour de la surchauffe pour notre commune. Notre budget n’est pas extensible à l’infini. Notre commune aussi a une dimension finie.

Je vous remercie de votre attention.