Il y a comme dans toute manifestation des différences de perception sur le nombre de participants. Alors, 12 000 selon la Préfecture, ou 40 000 selon les organisateurs ?

Il est difficile de dire s'il y avait 40 000 personnes, mais ce qui est sûr c'est que la Préfecture n'est pas crédible en annonçant 12 000. Leurs calculs prennent appui sur le fait qu'à certains endroits la chaîne était ponctuée de trous. Or les images filmées de l'hélicoptère et les photos publiées sur le site de l'ACIPA montrent qu'en certains endroits les manifestants étaient tellement au coude à coude que la chaîne faisait des méandres sur la route et qu'ils auraient pu se lancer dans une danse bretonne !

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Cette photo a été prise entre 14 et 15h, cad pendant le créneau "prévu" de mobilisation de la chaine (photo ACIPA/AFP)

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Cette photo sur laquelle on peut apercevoir grossièrement des "trous" le long de la chaîne humaine a été prise après 15h donc après le temps prévu pour cette chaîne (photo GENDARMERIE)

Peux-tu nous dire quels sont les recours sur le dossier ?

Il y en a de deux ordres : nationaux et européens, en particulier pour ce qui a trait à la Loi sur l’eau. Mais les réserves émises par les Commissaires enquêteurs lors de l’Enquête publique de l’été 2012, reprises et détaillées par la Commission Scientifique, doivent être levées avant que le Préfet prenne les arrêtés permettant les travaux. Inutile de dire que l’Europe ainsi que les opposants traqueront le moindre manquement à la loi sur l’eau. Par ailleurs, les aides apportées par les Collectivités territoriales – pour l’instant sous forme d’avances remboursables – sont examinées de près par les instances européennes. Il n’est pas exclu qu’elles interviennent pour faire respecter les règles de concurrence.

Dans certains articles, on nous parle de projets similaires qui ont été abandonnés, comme la 3ème piste de l’aéroport d’Heathrow à Londres. De quoi s’agissait-il ? As-tu d’autres exemples ?

Il s’agissait d’augmenter la capacité de trafic de l’aéroport, de plus de 200 000 mouvements d’avions par an (pour mémoire, on est aujourd’hui à moins de 60 000 à Nantes). Il y a eu une opposition farouche des populations voisines pour des raisons environnementales sur les espaces, et pour des questions de nuisances sonores sur les populations. Le projet d’une 3ème piste à Munich a connu les mêmes déboires.

Dans d’autres registres, de grands travaux comme le canal qui devait relier le Rhin au Rhône, les centrales de Plogoff ou du Carnet, ou l’extension du port à Donges Est ont finalement été abandonnés. Mais il faut aussi garder en mémoire les projets qui ont abouti, sauf dans leurs objectifs ! Par exemple l’aéroport fantôme de Mirabel près de Montréal, celui de Ciudad Real en Espagne, ou plus près de nous l’aéroport vide d’Angers-Marcé, doivent nous faire réfléchir. L’attrait de ces équipements ne se décrète pas, et les compagnies gardent une totale maîtrise des pistes qu’elles veulent utiliser. L’ardoise est par contre toujours pour le contribuable.

As-tu participé à d’autres causes comme NDDL depuis que tu milites pour la défense d’un monde basé sur l’écologie ?

Bien sûr, cela fait partie du « cursus » d’un militant politique. Que ce soit à Marcé près d’Angers, au Carnet, ou contre l’autoroute A 28 en Sarthe, l’EPR dans le Cotentin ou dans un autre registre, le site d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse). Cette participation peut être sur le terrain dans le cadre de manifestation de masse, ou par le travail produit directement sur les dossiers administratifs, juridiques ou politiques. L’abandon de l’extension du port à Donges n’est pas dû à un évènement marquant, mais c’est le fruit d’une « bataille feutrée de l’ombre ».

Tu fais partie du CéDpa. Peux-tu nous en dire plus ?

C’est le collectif qui rassemble les élu-e-s qui doutent de la pertinence du projet. Cette caractéristique fait prendre à ce collectif des décisions propres à la responsabilité qu’incarnent des élus. Par exemple, nous avons souhaité rencontrer la Commission de dialogue, alors que d’autres associations opposées au projet s’y refusaient. Le statut d’élu de ses membres rend le CéDpa plus pointu sur certaines questions de par l’accès facilité à certaines informations (les questions d’urbanisme par exemple). Les actions du CéDpa sont par ailleurs légalistes.