Nous avons déjà pointé à plusieurs reprises qu’il était anormal de présenter, lors de cette commission, des délibérations qui passent deux jours après au conseil municipal.

La Charte de l’Habitat vise à partager avec nos partenaires dans le domaine de la construction de logements neufs un certain nombre de principes qui sont en phase avec notre vision du territoire et notre action municipale. Ce n’est pas un document contractuel, mais signé par les différents partenaires, il acte une volonté commune de « bien faire ».

Puisque justement ce n’est pas un document opposable, le groupe des Verts aurait aimé que nous approfondissions la dimension d’innovation, d’expérimentation qui est à peine évoquée au chapitre 1.3 intitulé « Modes de construction » Au troisième alinéa il est écrit : « L’innovation des formes d’habiter sera privilégiée ».

Ce critère d’innovation ainsi établi n’est pas expliqué ni détaillé dans le document et nous aurions souhaité le formaliser davantage.

Ainsi nous vous proposons d’approfondir la recherche d’innovation dans les modes de construction futurs proposés en y introduisant ce qu’on appelle le concept d’habitat participatif, concept en plein développement comme en attestent notamment « les rencontres nationales de l’habitat participatif».

En effet, avec la densité urbaine et le prix du logement d’un côté et les aspirations de certains types d’habitants à vivre une vie sociale riche sans sacrifier la notion d’intimité de l’autre, le concept d’habitat participatif s’est développé. Les premiers exemples ont fleuri sur notre territoire avec le Hameau des Petits Moulins, d’ailleurs assez bien médiatisé.

Selon une définition de l’AERA, (Actions, Etudes et Recherches sur l’Architecture, l’habitat et la ville), l’habitat groupé participatif est une forme d’habitat intermédiaire entre individuel et collectif, né de l’engagement préalable et de la coopération des futurs habitants aux divers stades de sa production et de sa gestion.(…) Il permet ainsi une conception adaptée à tous et à chacun selon ses attentes, ainsi que la mutualisation choisie d’espaces et de services.

Mais entre une approche idéale – type les Petits Moulins où les futurs propriétaires se connaissent déjà – et l’immense majorité des programme où les futurs propriétaires ne se font connaître qu’une fois le programme finalisé, il y a sans doute place à des pratiques intermédiaires.

Ainsi dans cette charte aurait pu figurer deux types de propositions qui étaieraient l’aspect innovation recherché des futurs projets de construction :

La première idée serait de développer l’approche innovation de la partie 1.3 en incitant les acteurs de la construction à prévoir des espaces partagés. On peut imaginer des espaces mutualisés comme par exemple les « chambres d’amis » : autant il est aujourd’hui coûteux de prévoir un tel espace dans chaque logement, autant on pourrait concevoir d’en destiner un pour plusieurs logements, puisque son utilisation est ponctuelle. On peut aussi imaginer un espace de convivialité qui permettrait à plusieurs familles de recevoir quelques amis ou fêter un anniversaire. De même des espaces partagés pourraient répondre à des motivations plus fonctionnelles, plus pratiques comme une buanderie commune : le concept de l’auto-partage appliqué au lave-linge en quelque sorte.

La deuxième idée serait d’aller un peu plus loin que le volet «partage de l’occupation des lieux » et de prévoir une sorte d’expérimentation sur le volet « conception » du lieu de vie par les futurs habitants. Ici on peut imaginer que pour un projet relativement « modeste » en terme de volume, les habitants qui se sont engagés dans l’achat d’un bien aient la possibilité de participer ensemble à au moins une partie de la conception de leur futur lieu de vie.

Ainsi la Charte de l’habitat reflèterait davantage et de façon plus engagée les enjeux actuels du logement, qui ne peuvent être pris en compte par une approche conservatrice : citons les questions liées aux familles recomposées, dont la taille peut varier d’une semaine à l’autre, les questions liées au télétravail, et sûrement d’autres…

Je vous remercie de votre attention.

Didier Quéraud